3/02/2012

HEC et maintenant UdeM en anglais



Une chronique de Sophie Durocher dans le Journal de Montréal ce jeudi 1er mars, ici, lui a valu une volée de bois vert de la part des lecteurs. On l'accuse de pratique journalistique douteuse, de journalisme de bas étage, indigne du titre professionnel. On veut porter plainte à la FPJQ, au conseil de presse, bref on s'indigne que la journaliste trouve anormal que les étudiants de la faculté de droit puissent remettre leurs travaux en anglais ou répondre aux questions d'examens en anglais, et ce, même si le professeur ne parle pas anglais.

À force d'oublier sa propre identité, on en vient à trouver raisonnable qu'une institution universitaire française dans une province à majorité française accepte des travaux et des examens présentés en anglais sous prétexte de ne pas pénaliser l'étudiant anglophone, étranger et même d'origine québécoise. C'est une aberration, rien de moins et Mme Durocher a raison de s'indigner, n'en déplaise à tous ceux qui associent son article une pratique journalistique non professionnelle. Ce n'est certainement pas parce que ça se fait ailleurs (présenter ses travaux dans une autre langue), que ça rend cette pratique acceptable. On ne corrige pas une erreur par une autre erreur.

Ce que Mme Durocher dit, c'est qu'après HEC, voilà l'U de M qui fait pareil. Pourquoi faut-il toujours que la majorité s'adapte à la minorité? Ne trouvez-vous pas que ce serait l'inverse qui serait approprié et normal si notre ambition est de survivre en Amérique du Nord. Quand les gens sont rendus à ne plus voir de problème dans le fait que nos universités francophones s'anglicisent sous prétexte de faire des affaires plus facilement, sous prétexte d'accueillir des étudiants étrangers payants, quand nos universités ont pour vocation de former nos élites et qu'elles démissionnent si facilement de leur responsabilité de former nos futures élites en français, on se dit que notre avenir collectif est en péril. Pas surprenant que le français soit devenue minoritaire sur l'île de Montréal.

Réveillez-vous, bon dieu, on sera une minorité ethnique parmi les autres dans ce merveilleux Canada plutôt qu'un des deux peuples fondateurs et on fera partie du folklore, comme les français de la Louisianne ou ceux du Nouveau-Brunswick ou du Manitoba. Pas loin le jour ou on parlera un français fait de trois mots de français et deux mots d'anglais. Quand on ne voit plus de problème au fait que nos universités francophones font des accommodements déraisonnables, c'est qu'on est en voie d'assimilation rapide.


Alain Michaud
Pointe-aux-Trembles

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