2/02/2012

Stephen Harper veut modifier la pension de la sécurité de la vieillesse

Ils sont nombreux ces jours-ci ceux qui ont la solution toute trouvée pour régler le problème des dettes actuarielles des régimes de retraite. Le problème n'est cependant pas le même partout. Le régime de la sécurité de la vieillesse (SV)  et le supplément de revenu garanti (SRG) ne sont absolument pas en problème. Dans son article d'hier 1er février, Mme Sophie Cousineau du journal La Presse en fait la démonstration éloquente. Par exemple en s'appuyant sur le rapport de l'actuaire en chef du Canada, elle indique que lorsque le baby-boom fera gonfler les rangs des retraités à leur sommet, en 2030, les dépenses du programme de la Sécurité de la vieillesse représenteront 3,16% du PIB du pays contre 2,37% en 2011. Voilà dit-elle pourquoi rehausser la retraite à 67 ans n'est pas une bonne idée. Alors que les pays industrialisés ont un coût de leurs régimes de retraite publics qui oscille autour de 14% du PIB, celui du Canada est à l'autre bout du spectre et équivaut à 5% du PIB. On parle ici de tous les régimes publics au Canada.

Je trouve malheureux qu'on s'appuie sur de fausses prémices pour justifier des mesures correctrices avant même d'avoir poser un diagnostic sur la santé financière du régime de la SV. Tout le monde y va de sa solution, pourtant tous ces gens instruits devraient savoir comment appliquer un processus de résolution de problème plutôt que de mettre la charrue devant les boeufs.

En fait, le régime de la SV n'a pas besoin de hausser l'âge de la retraite au delà de 65 ans. Tous ces messieurs et dames qui occupent des postes assis derrière un bureau, c'est une chose. C'en est une toute autre pour les employés manuels. Il me semble que pour combler l'écart il serait bien plus avantageux d'abaisser le niveau de revenu au delà duquel le retraité doit remettre une partie de la rente de SV et abaisser le niveau de revenu au delà duquel un retraité n'a pas besoin de la SV.

Notre société est en train de faire du débat sur les retraites un conflit de génération. Les jeunes ne veulent pas payer pour les plus vieux et les accusent de les avoir endettés et de faire crouler le réseau de la santé. Les plus vieux accusent les plus jeunes de se plaindre le ventre plein avec l'assurance-médicament, l'assurance santé, l'éducation moins chère qu'ailleurs, des garderies à 7$ et une assurance parentale qui leur fournit un salaire pendant près d'un an chaque fois qu'un enfant naît. On en s'en sortira pas en accusant les autres d'être coupable de tous les maux. Mais que voulez-vous, dirait notre ancien premier ministre canadien, c'est plus facile de voir la paille dans l'oeil du voisin que la poutre dans le sien...

Et pourtant on aurait bien besoin de faire appel à la raison plutôt qu'aux émotions pour réparer les pots cassés quand c'est le cas!

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