Les associations de défenses des locataires demandent avec insistance la création par la Régie du logement du Québec d'un registre des baux. Sous prétexte d'éviter des hausses abusives de loyer lorsqu'un nouveau bail est conclu avec un propriétaire, ces organismes voudraient créer un tel registre afin de permettre à un futur locataire de consulter le dernier prix du loyer qu'il convoite, juger de la hausse et pouvoir la contester ensuite devant la Régie après que le bail ait été conclu. Je vous rapporte un article paru ce matin sur le site Argent du réseau Canoë :
Cette demande est basée sur des statistiques non fondées et non-crédibles Voir le site internet de la Corpiq qui font l'illustration claire que les prétentions de ces organismes sont non-fondées dans les faits.
C'est faux de prétendre que les propriétaires font monter abusivement le coût des loyers. C'est impossible avec les taux affichés par la Régie du logement à chaque année et les petits propriétaires qui forment la très grande majorité des propriétaires de logements sont pris à la gorge avec ces augmentations dérisoires qui ne rejoignent même pas le taux d'inflation.
Aller dans le sens de cette revendication serait une nouvelle façon de tuer le logement locatif au Québec. Par exemple, mon locataire m'a demandé de changer le tapis de son logement pour mettre du bois franc. Coût: 3500$. Savez-vous ce que la Régie m'autorise à donner comme augmentation pour une telle dépense? 9$ par mois. Ça va me prendre 33 ans pour récupérer ma mise, et ce, sans tenir compte des intérêts. Connaissez-vous biens des fabricants de planchers qui garantissent leur plancher 33 ans? C'est absurde et ça décourage l'investissement dans l'entretien et la réparation du parc immobilier locatif, ce qui provoque une détérioration rapide du stock de logements au Québec.
J'ai une autre locataire qui a bouché sa toilette, facture de 350$ du plombier. Je l'ai augmenté de 5$ en juillet, ça vient de bouffer l'augmentation de loyer pour les 6 prochaines années et si vous croyez que je peux lui refiler la facture parce qu'elle est responsable, attelez-vous pour attendre 18 mois pour obtenir une audience devant la Régie du logement et même dans le cas où un propriétaire a gain de cause, il faut encore engager des frais d'avocats pour faire exécuter le jugement, ce qui se traduit en bout de piste par une perte garantie. Mes vieux locataires sont tous 100$ par mois sous le prix du marché dans Pointe-aux-Trembles. Comment voulez-vous que ce soit rentable à ce train. Pas étonnant qu'il ne se construise plus de logements. Les contracteurs ne construisent plus que des condos. Le prix du marché locatif au Québec est plus bas que partout ailleurs et c'est encore trop haut pour les regroupements de locataires.
Un registre des baux ne fera que mettre sur pied un système parallèle de revente de baux où les locataires qui quittent vont mettre leur bail à vendre au plus offrant et ce sera d'autant plus payant de vendre son bail que le prix de son loyer est largement sous le prix du marché. Ce ne sont pas de telles demi-mesures qui vont mettre fin à la pauvreté au Québec. Ce n'est pas non plus aux propriétaires de partager la richesse dans la société, cela doit se faire par l'impôt sur le revenu. Il n'appartient pas à une seule classe de la société (les proprios) de payer pour des mesures sociales.
Si le gouvernement veut aider les locataires, il appartient à toute la société de contribuer par le biais de ses impôts sur le revenu. De cette façon, les propriétaires, qu'il soient millionnaires ou qu'ils peinent à joindre les deux bouts partageront leur richesse en fonction des revenus qu'ils gagnent. Autrement, c'est imposer aux seuls propriétaires le fardeau de subventionner les locataires pauvres et riches en refusant aux propriétaires de louer leur logement en fonction du marché locatif dans sa région.
C'est peut-être politiquement rentable de pelleter le problème dans la cour des propriétaires avec le pourcentage de locataires au Québec, mais ce ne l'est pas du tout pour les petits propriétaires qui sont de plus en plus en problème financièrement, d'autant plus, qu'ils se fient sur leur revenus d'immeuble pour rejoindre les deux bouts une fois rendus à la retraite.
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