La vie sociale d'un premier ministre ou d’un pdg d’une institution publique est parfaitement compréhensible. Peuvent-ils comprendre également que dans leur position ils devraient se garder une petite gêne au plan éthique pour éviter de copuler avec n'importe qui?
L'empire de M. Paul Desmarais est tentaculaire et qu'il cherche à faire des affaires et conclure des marchés à son avantage, se comprend. Grâce à sa fortune amassée en raison de ses «deals» avec ses amis, il a les moyens de les charmer et de s'en faire des alliés. Pas de problème si ses amis savent faire la différence entre une activité sociale et les intérêts qu'ils défendent — ici la population québécoise — et qu'ils sont capables de dire non à leur nouvel ami riche et puissant.
Mais quand on constate la proximité de M. Desmarais avec le pouvoir politique ici au Canada et en France, il y a lieu de s'inquiéter. Des amis, ça se retourne l'ascenseur, puis quand ce n'est pas ton argent qui est en cause, c'est plus facile de mettre l'amitié au dessus de l'intérêt des gens qu'on représente, surtout qu’une carrière politique ou de pdg, ce n’est pas éternel.
Il ne suffit pas que justice soit rendue, il faut qu’il y ait apparence de justice, dit-on dans le milieu judiciaire. À cet effet, les juges adoptent une politique plus restrictive en cette matière, peut-être notre gouvernement devrait-il s'en inspirer. On voit mal un juge aller passer la fin de semaine chez un avocat qui plaide devant lui la semaine suivante, même s'il affirmait que ce n'est qu'une activité sociale, qu’il a le droit d’avoir des amis et qu'ils n'ont pas parlé du procès, qui le croirait?
Le manque de retenue de M. Charest et M. Sabia conduit inévitablement à des questions sur les investissement du gouvernement et de la Caisse, sur les politiques adoptées, sur l'embauche d’anciens dirigeants publics et même sur les nominations à des postes-clés de l’État, etc. Il subsistera toujours un doute à savoir si M. Desmarais ne tire pas les ficelles qui font agir ses nouveaux amis!
Ceci dit, il n'est pas nécessaire d'empêcher un premier ministre de rencontrer les acteurs de la société qui sont influents et qui peuvent négocier avec l'état québécois des ententes, des marchés mutuellement avantageux. Ceci devrait se faire « sur-les-heures-de-bureau » comme on dit. En présence de témoins : chef de cabinet, conseiller ou autre de manière à pouvoir rendre compte, des agendas ouverts, i.e. une garantie de probité.
Alain Michaud
Pointe-aux-Trembles

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